École inclusiveLa situation des assistants à l’intégration est «intolérable»
Dans une lettre ouverte au Canton, le syndicat SUD déplore les conditions de travail précaires de ces acteurs centraux du concept «360°». Une employée témoigne.

Dans un communiqué envoyé aux médias, le syndicat SUD a fait savoir qu’il adresserait, ce mardi à l’occasion de la cérémonie d’installation et d’assermentation du Grand Conseil et du Conseil d’État vaudois, une lettre ouverte aux nouvelles autorités cantonales pour dénoncer les conditions de travail des assistants à l’intégration.
Cheville ouvrière de l’inclusivité à 360° prônée par l’École vaudoise, ces employées – ce sont à très grande majorité des femmes - sont amenées à accompagner dans des classes d’établissements secondaires des enfants «à besoins éducatifs particuliers» (écoliers allophones, dyslexiques, dyscalculiques ou présentant des troubles de l’attention, du comportement, etc.)
«Ce que l’employeur public ne voit pas et ne veut pas voir, c’est la précarité qu’il a délibérément construite et imposée aux assistants et assistantes à l’intégration, fustige le syndicaliste Aristides Pedraza. Ce sont les salaires insuffisants pour vivre, une organisation du travail qui se fait au profit exclusif de l’employeur, sans tenir compte des besoins et des demandes des employés et employées.»
«Je termine ma septième année. Mais ça ne fait que depuis un an et demi que j’ai un CDI. Durant plus de cinq ans, je n’avais qu’un CDD.»
Jeanne* est l’une de ces assistantes à l’intégration. «Je termine ma septième année en tant que telle, explique-t-elle. Mais ça ne fait que depuis un an et demi que j’ai un CDI. Durant plus de cinq ans, je n’avais qu’un CDD.» Les premières années, son contrat s’arrêtait quand commençaient les vacances d’été. Un nouveau ne lui était proposé qu’à la rentrée d’août.
Absence de formation
La Vaudoise travaille 22 périodes par semaine, «l’équivalent d’un 60%». Elle reçoit chaque mois un salaire net de 1600 francs. «Dès l’embauche on m’avait dit qu’il ne fallait pas compter dessus pour tourner.» Jeanne aime son travail auprès des enfants en difficulté et sa situation familiale lui permet d’avoir un salaire aussi bas. «Pour d’autres collègues, mères célibataires ou dont le mari n’a pas une bonne situation, c’est très compliqué. D’autant plus qu’on travaille jusqu’à 15 h 30… Difficile avec un tel horaire de trouver un job d’appoint.» La Vaudoise déplore aussi l’absence de formation. «J’attends toujours les cours à la HEP, promis à mon embauche, pour gérer certaines situations.»
«Je me suis fait mordre, insulter, cracher dessus par des enfants…»
Des situations qui peuvent être «violentes». «Je me suis fait mordre, insulter, cracher dessus par des enfants…» Jeanne évoque aussi une attaque aux ciseaux survenue dans une autre classe. «J’ai toujours fait selon mon bon sens et j’ai pris des cours, à mes frais et sur mon temps libre, pour apprendre à gérer. Mais il est urgent de former les personnes qui encadrent ces enfants en difficulté! C’est primordial!»
*Prénom d’emprunt
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