Le constat saute aux yeux dès que l’on quitte les zones urbaines: le plateau et les contreforts tant du Jura vaudois que de l’Arc jurassien ne sont même plus jaunes, ils sont devenus bruns. Depuis le début du mois de juin, les vagues de chaleur successives et l’absence quasi totale d’averses étouffent le pays. Dans son dernier bilan, l’Union suisse des paysans (USP) tire la sonnette d’alarme: la croissance de l’herbe s’est interrompue il y a des semaines dans la majorité des cantons et les perspectives d’une repousse automnale s’amenuisent de jour en jour. L’ensemble du secteur agroalimentaire vacille, mais c’est dans la filière bovine que la crise prend une tournure dramatique et immédiate. Faute de fourrage et d’eau, les éleveurs doivent faire des choix radicaux: avancer la fin de l’estivage, sacrifier leurs stocks d’hiver ou envoyer prématurément leurs vaches à l’abattoir.
Nourrir leurs bêtes, au risque de manquer de fourrage cet hiver, ou les sacrifier, le cruel dilemme des éleveurs romands
Champs brûlés, désalpes précipitées et abattoirs sous tension: l’absence persistante de précipitations pousse les éleveurs romands dans leurs derniers retranchements. Privés d’herbe sur les pâturages, contraints d’entamer leurs réserves hivernales avec des mois d’avance, ils se séparent massivement de leur bétail
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