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Après la fin de l’analyse des drogues dans les eaux usées, la Suisse navigue à vue

Le projet pilote de l’OFSP qui surveillait la présence des substances illégales dans les eaux usées à travers le pays n’a pas été prolongé à la fin 2025 en raison du programme d’économie de la Confédération, selon la «NZZ am Sonntag»

Agrandir l'image Des pipes à crack au local de consommation sécurisé de la Riponne, à Lausanne, juin 2024. — © Dom Smaz / Hans Lucas pour Le Temps
Des pipes à crack au local de consommation sécurisé de la Riponne, à Lausanne, juin 2024. — © Dom Smaz / Hans Lucas pour Le Temps

A l’heure où la Suisse est confrontée à une forte hausse de la consommation de crack facilitée par la grande diffusion de cocaïne bon marché, et craint de voir arriver en force fentanyl, nitazènes et autres opioïdes, elle navigue à vue, selon la NZZ am Sonntag, qui relève que la surveillance des substances illégales dans les eaux usées par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a pris fin à la fin 2025.

Depuis quatre ans, des échantillons d’eau étaient récoltés dans dix stations d’épuration à travers le pays étaient analysés tous les treize jours par des chercheurs de l’EPFZ et de l’Université de Lausanne, pour détecter notamment la présence de crack, d’héroïne ou encore de fentanyl, permettant de fournir des chiffres trimestriels à l’échelle nationale. Mais cette surveillance régulière a pris fin en raison du programme d’économies du Conseil fédéral, indique l’OFSP, qui a déclaré au journal dominical que «le projet n’a pas pu être prolongé immédiatement en raison de la situation budgétaire incertaine».

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«Passer à côté d’évolutions soudaines et dangereuses»

La fin de ce projet pilote, qui coûtait selon la NZZ am Sonntag quelque 100 000 francs par an, inquiète les professionnels des addictions. «La Suisse risque de passer à côté d’évolutions soudaines et dangereuses sur le marché des drogues illicites ou de l’émergence de nouvelles habitudes de consommation», explique ainsi Thilo Beck, médecin zurichois spécialiste en addictologie.

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La surveillance des substances illégales n’est pas le seul projet de l’OFSP a avoir été victime des coupes budgétaires, rappelle le journal zurichois, citant l’abandon, révélé cette semaine par la SRF, d’une grande étude sur les effets des PFAS sur la santé humaine, qui aurait pu coûter jusqu’à 240 millions de francs sur vingt ans.

Bien moins chère, l’analyse des eaux usées n’est pour sa part pas condamnée à long terme, selon la NZZ am Sonntag, mais des désaccords contractuels subsistant entre l’OFSP et ses partenaires empêchent pour l’heure sa reprise. Pour les spécialistes, le plus tôt sera le mieux: «L’absence de chiffres, alors que le pays est inondé de cocaïne, que la consommation de crack augmente rapidement et que les craintes liées au fentanyl ou au nitazène circulent, est inquiétante», conclut Thilo Beck.

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